Camille Deslias, qui a réalisé sa thèse à Pelagis, soutiendra jeudi 18 septembre à 14h (durée 45 minutes).

Vous pouvez assister à sa soutenance en ligne, en suivant ce lien :

https://videos.univ-lr.fr/live/event/0002-direct-amphi-michel-crepeau-la-rochelle-universite

Résumé : 
Les captures accidentelles de dauphins communs (Delphinus delphis) dans les engins de pêche de l’Atlantique Nord-Est constituent un enjeu de conservation majeur. Les niveaux de mortalité dépassent les seuils de durabilité menaçant le renouvellement naturel de la population. Pourtant, les données disponibles restent limitées, rendant difficile la compréhension et l’évaluation du phénomène. Afin d’y répondre, un modèle adapté aux conditions ibériques permet d’étendre la portion des eaux européennes où il est possible d’estimer la mortalité en mer à partir des échouages observés. Puis l’effort de pêche des fileyeurs, basé sur des données de géolocalisation à fine résolution, a permis de créer des cartes d’intensité de pêche et d’identifier les zones à forte cooccurrence avec le dauphin commun. Enfin, les facteurs influençant le risque de capture ont été déterminés à l’aide d’un modèle d’apprentissage automatisé. Au large de la péninsule Ibérique et du golfe de Gascogne, les captures de dauphins communs sont estimées à un niveau près de dix fois supérieur au seuil de durabilité. En hiver, une forte cooccurrence spatio-temporelle est observée, mettant en évidence les engins de pêche les plus à risque, notamment les chaluts pélagiques ciblant le merlu et la sole, ainsi que par les flottilles mixtes de fileyeurs ciblant la sole. Six facteurs ont été identifiés comme influençant le risque de capture : la longueur et la durée d’immersion des filets, la latitude, la productivité primaire nette, le jour de l’année et le type de sous-flottille. Ces travaux proposent une démarche reproductible et transférable à toutes zones concernées par une problématique de capture d’espèces protégées. Ils ouvrent la voie à des mesures de gestion ciblées, telles que des fermetures spatio-temporelles et une régulation optimisée de l’effort de pêche. Ils soulignent également la nécessité d’une gestion adaptative pour réduire efficacement les captures de dauphins communs en Atlantique Nord-Est.