L’eutrophisation compte parmi les altérations les plus courantes des eaux continentales et marines. Les manifestations les plus connues sont les proliférations d’algues, parfois toxiques, dans les lacs et les cours d’eau et les proliférations de macroalgues vertes dans les zones côtières. Ces phénomènes génèrent des perturbations majeures pour les écosystèmes aquatiques et ont des impacts sur les biens et les services associés, sur la santé humaine et sur les activités économiques des territoires où ils se produisent. Dans certains espaces, ces crises écologiques sont devenues une question socialement vive, investie par une grande diversité d’acteurs, porteurs de valeurs et d’intérêts contrastés. L’eutrophisation est d’ailleurs une notion utilisée à la fois par la communauté scientifique et par les politiques publiques, et ses définitions sont multiples. L’instauration de réglementations par les pouvoirs publics pour limiter l’eutrophisation est aussi source de tensions et de débats sur les activités identifiées comme contribuant ou ayant contribué de façon déterminante à ces phénomènes.Les débats sur l’identification des facteurs et des niveaux de risque d’eutrophisation, permettant d’orienter les politiques publiques, ont conduit les ministères en charge de l’environnement et de l’agriculture à demander la réalisation d’une Expertise scientifique collective (ESCo) sur le sujet. Le CNRS, l’Ifremer, l’INRA et Irstea ont ainsi été sollicités pour produire un état des lieux critique sur les connaissances actualisées des causes, des mécanismes, des conséquences et de la prédictibilité des phénomènes d’eutrophisation. De plus, il a été demandé aux instituts de recherche de clarifier la définition de l’eutrophisation, en prenant en compte les besoins et les enjeux opérationnels de l’action publique.
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